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Ayons pitié de nos riches

 Attention, les médias sont noyautés par le PTB. Ne vous laissez pas influencer par cette propagande cryptomarxiste qui parle de taxer nos gentils capitalistes. Ça n'a aucun sens, comme ils le démontrent magistralement eux-mêmes.


Léopold Lippens l Actionnaire dans l'immobilier, le sucre et la finance

Taxer plutôt les syndicats

Taxer les riches ? « On ne va pas encore pénaliser ceux qui font tourner l’économie », réagit Léopold Lippens. C’est vrai : souvenez-vous comme son frère Maurice a fait tourner l’économie quand il présidait Fortis. « Moi, poursuit le bourgmestre de Knokke, j’aimerais que les syndicats participent eux aussi à l’effort. Je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas imposés. » Pour les imposer, il faudrait leur donner une personnalité juridique, ce qui permettrait de les briser financièrement, comme l’avait fait Margaret Thatcher au Royaume-Uni. Du coup, on peut appauvrir les travailleurs et ils n’envahiront plus les belles plages de Knokke avec leur frigo-box. Bien pensé, Léopold !

 

Roland Duchâtelet | Patron de Melexis, président bleu des Rouches

De l’argent pour aller au café

Aider les pauvres à payer l'énergie ? Stupide, selon Duchâtelet, 18e fortune belge. « Il vaut mieux leur donner de l’argent pour qu’ils aillent au café. Ça coûtera moins en chauffage aussi ! » Y’a pas à dire, quelle hauteur d’esprit, ces patrons ! Et taxer les riches ? « Je n’aurais pas pu reprendre le Standaard », fait remarquer Duchâtelet. Ben oui, si les pauvres peuvent aller au café, les riches ont bien le droit d’avoir des jouets, comme un club de foot ou un parti politique. Il pourrait même rebaptiser le Standard « Vivant », puis le laisser mourir. Trop fun !

 

Etienne Davignon | Président honoraire du groupe Bilderberg

Un impôt temporaire est acceptable

Tous ces médias infiltrés par le PTB font croire que notre Stevie national est d'accord de taxer les riches. Propagande ! « Je trouve qu’un impôt temporaire est acceptable », admet-il tout au plus. Pourquoi temporaire ?  Davignon est clair : « Dans le climat populiste préoccupant actuel, il ne faudrait pas que les gens estiment que les sacrifices sont inégalement répartis. » Mais qui doit payer la crise, alors ? « C’est clair : la puissance publique. » Ouf, on a cru un instant que Stevie – un des patrons belges les plus influents au niveau mondial – s’était laissé contaminer par les idées marxistes...

 

Luc Bertrand | CEO du holding Ackermans & Van Haaren

« Nous » payons déjà trop

Taxer les riches comme le suggère le capitaliste américain Warren Buffet ? Non, répond Luc Bertrand, 13e fortune belge :« Aux États-Unis, Warren Buffet paye moins de 20 % d’impôts. Ici, nous croulons sous les taxes. 52 % du PIB [la richesse produite en Belgique en un an] va à l’État. » Bon, d’accord, en 2010, son holding A&VH a payé zéro euro d’impôts. Et le centre de coordination d’A&VH n’a pas payé plus. Mais heureusement que les capitalistes ne payent rien, sinon ce serait encore plus que 52 % du PIB qui irait à l’État ! 

 

Joost Bert | Patron de Kinepolis

Riche et en bonne santé

Interrogé par la VRT à la course hippique de Waregem, Joost Bert répond : « Je suis riche d’être en bonne santé, très riche d’être en bonne santé. Dois-je en donner quelque chose, c’est difficile... » Logique : tant qu’à être riche et en bonne santé, mieux vaut, en plus, ne pas être taxé. Et laisser aux pauvres les maladies et les impôts. Le patron de Kinepolis reconnaît d’ailleurs que pour « optimaliser » sa situation fiscale, il a « une bonne équipe ». Mauvais idée, par contre, de lui demander si son capital est au Luxembourg. « À cela, je ne répondrai pas. » Quel manque de tact, ces journalistes. Chacun a droit à une certaine intimité !

 

Fernand Huts | Patron de Katoen Natie

Tout l’argent gagné est investi

Actif au port d'Anvers et 22e fortune belge, Fernand Huts refuse qu'on taxe les riches. Motif : « En tant que groupe d’entreprises, chaque euro que nous gagnons, nous le réinvestissons en Belgique, en Europe et dans le reste du monde. » Vous voyez : quand un capitaliste gagne de l’argent, il ne dépense pas tout comme le font ces prodigues travailleurs. Lui, il investit pour être encore plus riche. Et cette richesse, il l’investit pour être encore plus riche. Etc. Il pourrait s’acheter une Maserati GranCambrio. Mais non, il se contente de sa Bentley Mulsanne et de sa Porsche Cayenne. Reste juste une question à régler – un petit détail insignifiant –, c’est de savoir qui va consommer la production découlant de tous ces investissements.

 

Albert Frère | Patron de CNP et GBL

Attention à la dérive populiste

Albert Fère n'a pas voulu répondre au Soir à propos de l’idée de taxer les riches. La réponse coule tellement de source qu’il n’allait pas perdre son précieux temps : pourquoi donnerait-il de l’argent à l’État alors que, à la base, c’est en puisant dans les caisses de l’État, à l’époque de la crise de la sidérurgie, qu’il est devenu riche.

En plus, il y a eu cet honteux sondage lors de l’émission Controverse de RTL, « Faut-il faire payer les riches ? ». Bien sûr, la part de réponses positives était écrasante. RTL est connu pour son populisme, mais là, faire voter les gens sur un vieux slogan du PTB, c’est le sommet ! D’ailleurs, si Albert Frère a revendu ses actions RTL, c’est moins pour la plus-value de 2,3 milliards qu’il a réalisée que par refus de la dérive populiste de cette télé.