Communiqué de presse: le budget des occasions manquées
« Ce budget est un assemblage de demi-mesures, de grands trous et de lacunes flagrantes rapidement bricolés. C’est le budget des occasions manquées » réagit Raoul Hedebouw.
« Electrabel/Suez empoche le jackpot, 99% de la fraude fiscale restera impunie et les banques répercuteront simplement leur contribution sur les clients. Et nous devrons payer notre plein de diesel plus cher pour les beaux yeux des banques. Où est la logique ? C’est encore une fois une occasion manquée de s’en prendre aux véritables responsables de la crise. Et de prendre de véritables mesures susceptibles de créer des nouveaux emplois », dit encore Raoul Hedebouw.
Pourquoi la crise des banques rend-elle notre plein plus cher?
Selon le porte-parole du parti de gauche, les demi-mesures vont surtout dans la mauvaise direction. « On va chercher l’argent chez ceux qui n’en ont pas. On augmente les accises sur le diesel. Nous devrons payer notre plein plus cher, à cause de la crise des banques. C’est une taxe vexatoire, qui touche surtout les plus bas revenus. On s’en prend aussi durement aux fonctionnaires. Il faudra qu’on nous explique comment on veut combattre la fraude fiscale en réduisant le nombre de fonctionnaires au ministère des Finances. Il y manque déjà du monde. Ou à l’Onem. Il y a des dizaines de milliers de chômeurs en plus. Et en même temps il y aurait moins de personnel pour calculer les indemnités de chômage. »
Carte blanche à 99% de la grande fraude
Des « grands trous », Raoul Hedebouw en voit surtout dans les mesures contre les fraudeurs et les banques. « C’est surtout une nouvelle occasion manquée de vraiment faire payer les responsables », dit-il. Le porte-parole du PTB qualifie les mesures contre les banques de « symboliques ». « Ces mesures ne sont ab-so-lu-ment pas garanties », explique-t-il. « C’est le énième gouvernement qui promet de combattre la fraude fiscale. Mais il ne prend aucune mesure concrète, comme la levée du secret bancaire. Et l’ambition du gouvernement se limite à seulement 1% de la fraude, qui atteint au total 30 milliards d’euros. C’est tout bonnement donner carte blanche à 99% de la fraude. »
Les mesures contre les banques sont « une opération nulle », estime Raoul Hedebouw. « 500 millions d’euros, ça correspond exactement aux intérêts que le gouvernement fédéral doit payer chaque année sur les 20 milliards qu’il a empruntés pour sauver les banques du désastre. Ce n’est pas tout. Le gouvernement se porte totalement garant en cas de faillite. C’est vraiment chercher les difficultés, quand se poseront les prochains problèmes bancaires. En outre, certaines banques ont déjà annoncé sans scrupule qu’elles répercuteront leur contribution sur les clients. »
Et enfin, il y a Electrabel/Suez. « Ils touchent tout bonnement le jackpot » dit le porte-parole du parti marxiste. « Ils toucheront pendant les dix prochaines années 12 milliards d’euros de rente nucléaire. Et en échange, ils paieraient chaque année 200 millions d’euros. En plus, rien ne garantit qu’ils le feront effectivement. En 2008, Electrabel/Suez a déduit quaisment la totalité de la taxe spéciale de 250 millions d’euros de ses impôts. Le géant de l’énergie n’a pas payé un euro d’impôt l’an dernier. »
Nous demandons que les banques paient simplement le taux légal d’imposition de 33,99%, est-ce révolutionnaire ?
Le porte-parole du PTB voit de grandes lacunes dans le manque de véritables mesures contre les banques. « Ce qui est surtout inquiétant, c’est l’obstination avec laquelle le gouvernement refuse de prendre de véritables mesures contre les banques et les millionnaires », poursuit-il.
« Aujourd’hui, il est déjà révolutionnaire de proposer simplement que les banques paient le taux normal d’imposition. Dans leurs belles années, elles ont fait des bénéfices phénoménaux. Dans les temps difficiles, ce sont les contribuables qui ont dû éponger. Aujourd’hui, les banques font à nouveau des bénéfices. Mais grâce à toutes les astuces de déductibilité fiscale – dont les intérêts notionnels – elles ne paient que 10,4% d’impôts, au lieu du taux légal de 33,99%. Est-ce qu’il n’y a personne au gouvernement pour penser à exiger que les banques respectent la loi et qu’il faille en finir avec tous ces cadeaux fiscaux? Cela rapporterait chaque année plus d’un milliard d’euros à notre pays. »
Il est incompréhensible de ne prendre aucune mesure sérieuse de création d’emplois
Raoul Hedebouw voit aussi d’autres grandes lacunes en matière de création d’emplois. Le PTB demande l’instauration d’une taxe des millionnaires. « Une telle taxe sur les fortunes de plus d’un million d’euros rapporterait 8 milliards par an. De l’argent dont nous avons grandement besoin pour créer des nouveaux emplois dans le secteur des soins de santé et les services publics. Et pour un refinancement vital de la sécurité sociale », toujours selon Raoul Hedebouw. « Dans un budget, il faut aussi voir ce qui ne s’y trouve pas. Il est incompréhensible que le gouvernement, dans une telle situation de crise économique, ne prévoie pas de mesures sérieuses de création d’emplois. »





