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Des syndicalistes qui soutiennent une taxe sur les grosses fortunes

Fin octobre 2009, le PTB a lancé une campagne en faveur de l’introduction d’une taxe des millionnaires qui rapporterait huit milliards d’euros pour le social. Dans les milieux syndicaux, la campagne a été bien accueillie. Ci-dessous, la parole à quelques responsables syndicaux qui expliquent leur soutien à la taxe.

«Très bon, même évident»


Je trouve la taxe des millionnaires très bonne, entre autres dans sa formulation. C’est très clair : en parlant d’une taxe, chacun peut se représenter de quoi il s’agit. Une taxe sur les patrimoines implique une connaissance de ce que sont ces patrimoines. En ce sens, je pense que l’idée de travailler sur la taxe des millionnaires est une très bonne porte d’entrée. La taxe des millionnaires montre clairement que nous devons faire des choix en matière d’impôts : les plus forts doivent porter les charges les plus lourdes. Avec la taxe des millionnaires, on peut redresser la sécurité sociale.
Ferry Wyckmans, secrétaire général de la LBC, syndicat chrétien

«à reprendre dans nos propositions»


La FGTB place au premier rang la levée du secret bancaire. Dès que ce pas sera franchi, nous devrons aller en même temps vers un impôt sur les fortunes. Le concept de taxe des millionnaires est bien plus compréhensible, que l’impôt sur les fortunes, trop abstrait. C’est une bonne idée à reprendre dans les propositions de la FGTB.
L’État doit avoir un rôle de répartition et de contrôle. Il doit fournir des services à la population. Il ne le peut pas s’il n’a pas de recettes. Et la taxe des millionnaires est un bon moyen. Nous devons jouer sur la solidarité. Et, pour cela, les services publics sont plus que jamais indispensables.
Karel Stessens, président de la CGSP, syndicat socialiste.

«Il faut une Redistribution»


Nous sommes aussi pour un impôt sur les fortunes. La Belgique est un paradis fiscal et, en tant que FGTB, nous réclamons avant tout un cadastre des fortunes. Secundo, il doit y avoir un échange de données entre les pays. Et sur cette question, la Belgique est actuellement très réticente. Avec la taxe des millionnaires, nous pouvons montrer aux gens qu’il y a une dualité croissante : les fortunes sont surtout gagnées en investissant via les banques et, quand ça foire avec ces banques, alors ce sont l’État et les travailleurs qui doivent casquer.
Je soutiens la taxe des millionnaires : il faut une redistribution. Nous dénonçons les inégalités croissantes, et nous sommes aussi pour un impôt sur les fortunes. Aujourd’hui, l’économie est devenue une fin en soi et les travailleurs ne sont plus qu’un moyen.
Bart Henckaerts, président de la FGTB Limbourg


«Les patrimoines doivent être taxés»


Pour bien organiser une société et la faire tourner en tenant compte de l’infrastructure, de l’enseignement, des soins de santé, des équipements sociaux, des transports publics, des terrains industriels, il faut disposer de moyens. Les impôts doivent donc partir du fait que « les épaules fortes (c’est-à-dire riches) doivent porter les charges les plus lourdes ». Les « millionnaires » doivent apporter leur contribution !
Tous les revenus des travailleurs sont connus et sont imposés. Il est grand temps que les revenus des fortunes soient eux aussi, connus et imposés.
Mathieu Verjans, président de la CSC Limbourg.

«Nous soutenons à 100 %»


La taxe des millionnaires est une bonne idée. Les syndicats aussi réclament une taxes sur les fortunes. Nous en sommes demandeurs depuis longtemps. C’est un travail de longue haleine et nous n’y sommes pas encore, mais nous soutenons à 100 %.
Luc Gysemberg, secrétaire CSC Alimentation, Louvain.

«Ils ne vont même pas le sentir»


Les familles de millionnaires ne vont même pas le sentir. Je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas encore appliqué. Ceci [la restructuration planifiée de AB Inbev ndlr] est un exemple de ce que les politiques devraient rester vigilants car il est grand temps d’introduire une telle taxe. Licencier dans une entreprise qui fait autant de bénéfices, c’est dans l’intérêt d’une petite minorité, à cause de laquelle le commun des mortels doit s’éreinter.
Kris Croonenborghs, secrétaire FGTB Horeca, Louvain-Malines