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Impôts : mettre fin au paradoxe belge

Tout l’été, on l’a entendu comme un mauvais bruit de fond dans notre radio : « Le budget de la Sécurité sociale dérape, il faudra économiser pour combler le trou du budget de l’Etat… »

Economistes, dirigeants de la FEB et même certains ministres ont défilé devant les micros. Avec des idées chocs : « Il faut limiter la croissance des soins de santé », « Il faut activer les chômeurs », « Il faut retarder l’âge réel du départ à la (pré)pension ».

Economies, économies et encore des économies. Qui toucheraient ceux qui souffrent déjà le plus des effets de la crise : les sans-emplois, les malades, les pensionnés.

Un autre langage est nécessaire. Si ces puissants proposent des économies, pourquoi ne pas proposer de nouvelles rentrées fiscales ? Pas chez les travailleurs, mais chez ceux les riches qui peuvent les payer.

Nous présentions dans nos éditions, la semaine dernière dans le détail, notre proposition de taxe sur les millionnaires.

Ce week-end, Luc Cortebeeck, président de la CSC, déclarait de son côté : « Il est d’une grande importance que la progressivité des impôts soit rétablie. Ce principe a été peu à peu détricoté ces dernières années. Il est tout de même normal que ceux qui ont une plus large carrure supportent les charges les plus lourdes. Aussi quand il s’agit du remboursement des coûts de la crise. C’est pourquoi nous sommes pour des impôts plus hauts sur le capital et les fortunes. »

Si les libéraux essaient de semer la panique en criant à la hausse des impôts généralisée, les propositions du président de la CSC s’attaquent au contraire au paradoxe belge, qu’avait récemment décrit une étude de la Deutsche Bank :

 « La Belgique c’est un enfer fiscal pour le simple contribuable et un paradis fiscal pour les fortunés. »

Une enquête d'InSites Consulting réalisée pour ING Belgique, publié le 11 août, révèle que la population est prête à mettre fin à ce paradoxe. Ainsi, 85% de la population refuse d’entendre parler d’impôts supplémentaires sur leur salaire. Mais « la majorité est prête à accepter une hausse des impôts sur les bénéfices des sociétés et sur le patrimoine ».

La crise économique va s’accentuer dans les prochains mois. C’est pourquoi ce genre de propositions alternatives fortes sont si nécessaires. Lesquelles précisément? Le débat est ouvert. Mais des mesures ciblées réellement sur les plus riches, simples d’application, pourront emporter le plus d’adhésion. La taxe sur les millionnaires en est une. Mais d’autres existent aussi. Comme celle de mettre fin aux intérêts notionnels, ces gigantesques cadeaux fiscaux aux multinationales qui ont causé un grave dérapage budgétaire. Initialement budgété à 500 millions, le coût de cette mesure dépasse les 3.300 millions d’euros, soit un dépassement de 660%.