La politique, un métier de m... (1e partie)
La politique est vraiment un métier de m... Voilà des années que le PTB mène campagne pour imposer les super-riches sans que cela fasse beaucoup de bruit dans les médias. Et, aujourd’hui, ce sont précisément ces super-riches qui suscitent l’attention en demandant eux-mêmes à payer plus d’impôts.
RTL, De Standaard, la RTBF, le groupe de journaux Sudpresse, la VRT… jamais l’attention pour la taxe des millionnaires du PTB n’a été si grande que le week-end dernier. Cela vient du fait que les super-riches de la planète demandent à payer eux-mêmes des impôts plus élevés. Après la 3e fortune mondiale, Warren Buffett, et quelques géants français du monde des affaires, c’était le tour la semaine dernière de « notre » Etienne Davignon. « Si vous cherchez de l’argent supplémentaire, vous devez le faire chez les gens qui peuvent y aller de leur contribution. (…) C’est pourquoi j’estime qu’un impôt temporaire sur les Belges les plus riches est certainement acceptable », a déclaré le vicomte et ancien vice-président de la Commission européenne. « Ce n’est pas un impôt plus élevé qui va changer mon style de vie quotidien » (sic).
Cela n’émeut pas le PTB outre mesure. « Si nous sommes surpris que Davignon se révèle comme un allié objectif ? Disons plutôt ceci : c’est sympa qu’il plaide pour la même chose que nous. Il renforce ainsi notre campagne », ironise Jo Cottenier, du service d’étude du PTB, dans les colonnes du Standaard.
Symbolique ou réelle, la taxe ?
Le PTB est content de la chute du tabou sur la taxe des millionnaires, mais met toutefois le doigt sur une différence cruciale avec Davignon. Celui-ci dit : « Dans le climat populiste préoccupant actuel, il ne faudrait pas que les gens estiment que les sacrifices sont inégalement répartis. » Paul Soete, administrateur délégué d’Agoria (Fédération de l’industrie technologique), est encore plus clair : « Une telle mesure ne représentera pas des rentrées importantes, il s’agira plus d’une mesure symbolique. » Symbolique, donc, ce plan destiné à faire avaler à la population un lourd sacrifice budgétaire en suscitant l’impression que les millionnaires y vont aussi de leur petite pierre. Le PTB voit les choses autrement : pas de facture de la crise pour les salariés, les chômeurs et les pensionnés. « Nous devons faire porter la charge par les gens qui ne connaissent pas des fins de mois difficiles. Pas de charité symbolique de la part des gros millionnaires, mais des sommes qui vont réellement garnir les caisses de l’État », ajoute le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw.
Remarquez encore que Davignon parle d’une « mesure temporaire ». Ici, il est sur la même ligne que Di Rupo qui, dans sa note de formateur, entrouvre prudemment la porte à un impôt sur les fortunes, mais tout aussi « temporaire ». Et d’ailleurs tout aussi symbolique : une taxe de 0,5 % sur les fortunes de 1,25 million d’euros et plus. La taxe des millionnaires selon la formule du PTB (1 % au-dessus d’un million d’euros, 2 % à partir de 2 millions et 3 % au-dessus de 3 millions) n’a rien de temporaire et rapporterait 8,7 milliards d’euros par an.





