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Manifestation à Charleroi : « La crise c'est eux, la solution c'est nous »

Ils étaient entre 10 000 et 15 000 travailleurs à manifester ce 9 octobre dans les rues de Charleroi. Pour dire que les travailleurs ne paieront pas deux fois la crise. Reportage.

Ils étaient nombreux à dire haut et fort que les travailleurs ne paieront pas la crise deux fois. Des sidérurgistes, des employés, des enseignants, des facteurs, des cheminots. Mais aussi des délégations de la Sonaca, de Carsid, d'AGC, de Caterpillar en front commun, toutes des entreprises fortement touchées par la crise. « Merci, vous avez osé relever la tête. L'appel du front commun a dépassé Charleroi : il y a des délégations du Centre, de Tournai, de Mons, de Namur, de Liège et même de Flandre » se félicite Antonio Di Santo pour la FGTB Charleroi. Quand des fermiers déboulent en solidarité sur la place du Manège, Chantal Doffiny pour la CSC les salue : « Nous sommes solidaires avec les agriculteurs. Leur combat est le nôtre celui contre un monde non-régulé. »

Tôt le matin, une action syndicale avait déjà eu lieu à l'ONEM contre la politique de sanctions dans une région ravagée par le chômage et le chômage économique (16500 en plus rien que sur le pays de Charleroi).

« Cette manifestation est une réaction à la hauteur des inquiétudes de la région »,réagit Germain Mugemangango, président provincial du PTB Hainaut.

Tous les manifestants en ont plus que marre. Et c'est un même son de cloche partout : les banquiers et les millionnaires s'en mettent plein les poches pendant que les simples travailleurs se les font vider, avec la complicité du gouvernement. Notamment avec ses mesures budgétaires antisociales Et les inquiétudes sont multiples.

Si les mesures précises du gouvernement ne sont pas encore connues, « on sait qu'il y aura pas photo, ils vont venir nous faire payer » dit un manifestant.

De nouvelles taxes inquiètent (notamment sur le diesel) mais aussi la question de travailler plus longtemps et des pensions. Mais « c'est l'ensemble, de l'emploi à la Sécurité sociale, est aujourd'hui dans le collimateur. Si ça continue, l'avenir de nos enfants est compromis » réagit un autre.

Rami, sous-traitant nettoyage pour Carrefour : « Le gouvernement a sauvé les banques avec notre argent. On n'est pas responsable de cette crise. On fait ce qu'on doit faire et on nous demande toujours plus dans tout les domaines ».

Olivier Cattelain, permanent CNE, secteur industrie de la région de Mons : Cela devient insupportable. Le pouvoir d'achat diminue. On parle de venir avec de nouveaux impôts. Dans les boîtes, les travailleurs sont en chômage économique, cela ne peut pas continuer comme ça. »

Etienne Libert, secrétaire permanent CGSP Cheminot : « Les entreprises ne rendent pas aux travailleurs leur du. Il n'est plus question de toucher au service public et de faire des cadeaux aux banques et aux entreprises. »

Cédric Dumonceau, délégué CGSP, Athénée Solvay de Charleroi : « Le problème des enseignants n'est pas à part. Tous les travailleurs sont victimes d'une crise créée par les banquiers, par le gouvernement malgré ce qu'il en dit. C'est la faillite d'un système qui fait payer deux fois la crise aux travailleurs. »

Chrisitan Viroux. Secrétaire de la Centrale Générale Charleroi. « Il ne faut pas toucher à notre cathédrale, la Sécu. Surtout ne pas toucher aux chômeurs. Il faut faire payer les banquiers. Mais je ne vois pour l'instant aucun ministre faire preuve d'une réelle volonté d'aller chercher l'argent chez eux. »

Si les 200.000 nouveaux chômeurs annoncés inquiètent, les postiers dénoncent eux la précarité des emplois proposés: « Thijs= 800.000 euros ; livreur= 8,4 euros par heure. Cherchez l'erreur » proclame un panneau, revenant sur leur revendication de ne pas accepter la réforme des « facteurs de quartier

S'en prendre aux millionnaires et aux banquiers

«Si l'Etat a trouvé 21 milliards en 24h pour les banques, il peut trouver en trois heures, les 3 milliards qui manquent aujourd'hui à la Sécu. Il est temps de faire payer ceux qui en ont les moyens. Le plan de la FGTB pour une autre fiscalité pourrait rapporte près de 20 milliards. Nous allons organiser la riposte. » déclare Antonio Di Santo pour la FGTB.

« Qui va payer ? Nous disons « qui casse paie ». Les épaules les plus larges doivent supporter les charges les plus lourdes. Il ne faudrait que ce soient toujours les p'tits qu'on spotche (qu'on touche, en wallon, ndlr). Nous sommes rouges de colère et verts de rage. » conclut Chantal Doffiny pour la CSC soulignant l'importance du front commun..

Une taxe des millionnaires, s'attaquer à la grande fraude ? Voilà bien une idée qui fait son chemin et qui est de plus en plus appréciée. « D'ailleurs, un impôt sur la fortune existe en France et là personne ne proteste. Ici, les riches peuvent frauder. » disent plusieurs.

Jean-Pierre Hennuy, Euroclean, FGTB : « C'est choquant. On trouve de l'argent pour les banquiers et pour nous autre, il n'y a plus rien .Il faut partager le gâteau pour aider les plus petits. Beaucoup de millionnaires sont des parvenus qui se permettent tout. Pour des gens comme Albert Frère, c'est le moment de partager. Il a fait sa fortune sur le dos des sidérurgistes d'Hainaut-Sambre. Ils étaient 15000, ils sont 2500 aujourd'hui.»

Eric Bonjean, président de la délégation FGTB de Carinox à Châtelet : « Le gouvernement doit aller chercher l'argent là où il est. Et l'argent est dans les banques aujourd'hui. Non seulement les banques ont été renflouées avec les deniers des travailleurs mais elles sont en train de refaire les mêmes erreurs qu'il y a un an. C'est inadmissible. Il n'est pas question que les travailleurs paient une seconde fois la facture. Il faut taxer les millionnaires, les grosses fortunes. Nous devons faire payer la crise aux riches. »

Jean Piarrard, Permanent syndical FGTB Carsid : « Si on taxe les millionnaires, cela ne me dérange pas. Moi je suis pauvre »

Alexis, délégué CSC AGC Seneffe : « Je suis tout à fait pour une taxe des millionnaires. Ce sont toujours les ouvriers qui paient. Il faut se soulever pour essayer d'enrayer ça. Ce sont toujours les grosses fortunes qui s'en mettent plein les poches. »

Le capitalisme est à bout de souffle

« Cette crise a été provoqué par les gourous financiers. Depuis 2007, 200 millions de gens sont tombés dans l'extrême pauvreté. Nous avons subi 30 ans de règles capitalistes insjutes. Il faut changer ça. Tout est à rebâtir.» déclare Antonio Di Santo. « Le capitalisme arrive à son terme. Nous devons penser sur une autre manière d'organiser la société » ajoute Chantal Doffiny pour la CSC. Antonio Cocciolo, secrétaire métallo provincial Hainaut Namur FGTB. « Le sens de cette manifestation c'est d'attirer l'attention sur le quid de cette économie. Le système capitaliste doit être remis en cause. On essaie d'attirer l'attention sur une économie qui met non pas en avant le monde de la finance, mais bien mettre au milieu de l'économie l'intérêt des travailleurs. »

Un bon départ pour l'année sociale

Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB, venu apporter son soutien : « C'est un bon départ. C'est frappant de voir que les entreprises en restructuration et les secteurs en lutte comme l'enseignement et La Poste étaient bien représentés. Il est temps de se battre pour ne pas accepter la fatalité du capitalisme ».

Pour Germain Mugemangango, président provincial PTB Hainaut, « l'année sociale sera chaude. Les gens lient très fort leurs préoccupations locales aux enjeux nationaux autour du budget et notamment la question des nouvelles accises sur le diesel qui touche durement les familles. Notre campagne sur la taxe des millionnaires est très bien reçue. Cette manif fait chaud au coeur et est une première étape. »