Nicole répond :: Les riches ne paient-ils pas déjà des impôts sur leur fortune ?
Non, sur la détention de leur fortune même, ils ne paient en fait pas d’impôts. Ils en paient toutefois sur les revenus qu’ils tirent de leur fortune, mais ces impôts sont nettement inférieurs à ce que vous et moi payons sur notre salaire.
Je récapitule ici les revenus qu’on peut tirer d’une fortune et ceux sur lesquels on doit payer ou pas des impôts.
Une première forme de revenu sur la fortune, ce sont les intérêts des livrets d’épargne, des bons de caisse et des dividendes sur les actions. Vous investissez un certain montant et, chaque année, vous en tirez un revenu. L’impôt que vous payez sur ce revenu est de 15 ou de 25 %, selon le risque de l’investissement. Vous payez 15 % en cas de faible risque et 25 % en cas de risque élevé. Cet impôt s’appelle le « précompte mobilier libératoire ». Le mot « libératoire » consiste en ce que vous ne devez plus les mentionner dans vos impôts. Ces 15 ou 25 % sont donc le maximum que vous devez payez.
Secundo, si vous possédez des actions, vous pouvez obtenir un revenu, lors de la vente de ces actions. Du moins, si leur valeur a augmenté après que vous les ayez achetées. La différence, le bénéfice que constitue la différence entre le prix de la vente et celui de l’achat, constitue ce qu’on appelle la plus-value. La chasse à ce genre de « plus-values », telle est l’occupation quotidienne des spéculateurs. Fin 2009, le cours commun des vingt principales sociétés cotées en bourse dans notre pays (le Bel20) était de 31 % plus élevé au moins qu’à la même époque de l’année d’avant. Le cours de l’action d’AB InBev a même augmenté de 119 % ! Celui qui a acheté une de ces actions en janvier 2009 et qui l’a revendue en décembre, en a donc reçu plus du double. On penserait alors qu’il n’est que très normal de payer aussi des impôts sur ces « plus-values » pour lesquelles vont n’avez même pas dû remuer le petit doigt. Eh bien, non ! En Belgique, on ne paie rien, là-dessus, vous lisez bien, zéro pour cent d’impôt sur les plus-values. La Belgique est une exception en Europe. En France, par exemple, on paie sur ces « plus-values » 29 % d’impôt et, en Allemagne, 26,38 %.
Tertio, vous pouvez acquérir un revenu sur des biens immobiliers, en d’autres termes, sur les rentrées de loyer des bâtiments en votre possession. Si vous louez à des particuliers, vous ne payez pas d’impôt, en Belgique. Vous payez toutefois un précompte immobilier sur le « revenu cadastral » (RC). Ces montants sont très modiques, car ils datent de 1979. Cela signifie que les prix et les critères ont vieilli. Ceux qui possèdent une seconde ou une troisième maison ne font bien sûr pas partie automatiquement des 2 % des Belges les plus riches. Mais les personnes qui ont un important parc immobilier et en louent tous les éléments ont vu leur portefeuille s’arrondir considérablement, ces dernières années. La taxe des millionnaires fait en sorte que ces propriétaires très riches apportent donc leur petite pierre à l’édifice.





